Créature ordinaire

J’explore la quête de transcendance au sein des milieux techno. 
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L’autre nuit ‘17.03.2022.01.47’, incapable de trouver le sommeil, je me suis perdu dans ce gouffre sans fin proposé par l’Algorithme. Naviguant entre les paires de seins d’Onlyfaneuses et des théories complotistes sur l’existence des chatons bleus, je scrollais automatiquement comme les tasbihs de l’imam au chapelet, flottant dans une dérive numérique. Le monde dehors semblait figé, plongé dans une obscurité tranquille.

Soudain, je suis tombé sur une série d’images qui m’ont stoppé. À première vue, j’ai cru voir des photos des galaxies en expansion, des nébuleuses lointaines éclatant en silence. Mais en y regardant de plus près, il s’agissait de clichés, d’une profondeur étrange, capturant un univers à la fois familier et mystique, où chaque détail devenait infiniment poétique.

Plongée au cœur de l’infiniment petit, cette série de photographies révèle des mondes insoupçonnés.

les détails microscopiques prennent l'apparence d'immenses paysages cosmiques

Ces scènes d’un autre monde sont de véritables photographies, ça ne sort pas de midjourney ou stable difusion, elles ne viennent pas de scènes capturées par le télescope spatial James Webb non plus.

Elles sont prises ici sur Terre, dans cette série de photos réalisée par le photographe britannique Stephen Gill.

Elles représentent les parois intérieures d’un poisson.

En 2017, Stephen Gill s’était fait les réflexions suivantes :

« Je me suis mis à me demander si le point d’entrée vers un autre monde, pouvait être cette idée selon laquelle un simple poisson pourrait contenir tout un monde, un univers entier… d’une proportion infinie. »

Stephen Gill

Il a commencé à chercher comment capturer cet univers avec un appareil photo en janvier 2020.

Il avait rassemblé tous les équipementscessaires : un appareil photo, un microscope optique, des lights et un réfrigérateur.

En février, alors que le confinement et l’isolement étaient en place, il a décidé qu’il était temps de commencer le projet.

Gill a avoué qu’il était un horrible pêcheur, affirmant qu’il lui avait fallu près de 30 heures et 10 sorties en mer Baltique près de chez lui, dans le sud de la Suède, avant qu’il ne réussisse enfin à attraper un poisson.

Le 10 avril 2020, il a capturé une truite de mer pesant 2,4 kilogrammes et l’a ramenée chez lui pour commencer.

Son voyage photographique a duré 10 semaines.

Il a photographié le poisson tous les jours, le mettant au réfrigérateur la nuit pour le préserver autant que possible.

« Il y avait des moments où je voyais quelque chose d’incroyable, comme des stalactites dans une grotte, ou des joyaux, ou un volcan ou quelque chose comme ça, et puis, par accident, j’ai juste légèrement tapoté le support d’un demi-millimètre et j’ai perdu ce que j’avais trouvé et tu ne peux tout simplement plus le retrouver. »

Stephen Gill

En janvier 2021, il a publié les images sous forme de livre intitulé « Please Notify the Sun ».

Un projet merveilleusement conçu et parfaitement réalisé. La variété des images est stupéfiante et les photographies sont indéniablement parfaites

Stephen Gill plonge dans les détails microscopiques d’un être vivant, révélant un univers presque extraterrestre contenu à l’intérieur d’une créature aquatique connue de tous.

Cette expo photo rappelle un poème de William Blake et citation de Rûmî

Auguries of Innocence
"To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour."

مولانا جلال الدین محمد،بلخی

تو قطره ای در اقیانوس نیستی ،
تو تمام اقیانوسی در یک قطره .
Augures d'innocence

"Voir un monde dans un grain de sable,
Et un paradis dans une fleur sauvage,
Tenir l'infini dans la paume de la main,
Et l'éternité dans une heure."

✨ n’est-ce pas ?

Note : "subtilités qui échappent au premier regard"